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Que mangent les bébés oiseaux et comment bien les nourrir ?

Oisillon bouche ouverte recevant nourriture du parent

Un oisillon tombé du nid, des fientes fraîches sur le sol, un bec grand ouvert qui réclame à manger : la situation demande d’agir vite. Avant de donner quoi que ce soit à un oiseau trouvé, il faut d’abord identifier son espèce, car un insectivore, un granivore et un omnivore n’ont pas les mêmes besoins. Voici ce que mangent réellement les bébés oiseaux, et comment les nourrir sans risquer de leur nuire (vous pouvez aussi consulter nos conseils pour nourrir les oiseaux du jardin en hiver).

Identifier l’espèce pour adapter l’alimentation

Le régime d’un oisillon dépend directement de ce que ses parents lui rapportent au nid dans la nature. Observer la forme du bec, la couleur du plumage naissant et le lieu où l’oiseau a été trouvé permet souvent de se faire une idée assez précise de son espèce, même sans être spécialiste.

Oiseaux insectivores

Le rouge-gorge, le martinet, l’hirondelle ou la mésange font partie des espèces insectivores. Leur bec est fin et pointu, adapté à la capture d’insectes. Ces oisillons ont besoin d’un apport protéiné important et régulier pour grandir correctement.

Oiseaux granivores

Le moineau, le pinson ou la tourterelle appartiennent aux granivores, reconnaissables à leur bec court et épais. Attention : même chez ces espèces, les tout jeunes oisillons sont d’abord nourris d’insectes broyés par les parents avant de passer aux graines une fois plus grands.

Oiseaux omnivores

Le merle (que l’on peut identifier grâce à notre guide sur les oiseaux noirs au bec jaune en France), la corneille ou le pigeon mangent de tout : insectes, fruits, petits invertébrés. Leur régime est le plus souple des trois, ce qui facilite un peu le nourrissage en cas de recueil.

Que donner à manger à un bébé oiseau selon son régime

Pour un oisillon insectivore, la base reste la pâtée insectivore vendue en animalerie, à réhydrater et mélanger avec des vers de farine coupés en petits morceaux. On peut y ajouter un peu de jaune d’œuf dur écrasé, riche en protéines, en complément ponctuel et non en base exclusive.

Pour un granivore encore jeune, on privilégie des graines ramollies dans un peu d’eau tiède, mélangées à de la pâtée insectivore les premiers jours, car le petit ne digère pas encore les graines sèches. Les croquettes chat trempées et émiettées finement constituent aussi un dépannage correct et riche en protéines pour de nombreuses espèces le temps de trouver un centre de sauvegarde.

Pour un omnivore comme le merle, un mélange de pâtée insectivore, de vers de farine et de petits morceaux de fruits mûrs convient généralement bien, en alternant les apports pour varier les nutriments.

EspèceAliments adaptésÀ éviter
Insectivore (rouge-gorge, martinet)Pâtée insectivore, vers de farine, jaune d’œufPain, lait, graines sèches
Granivore (moineau, pinson)Graines ramollies, pâtée insectivore diluéePain sec, lait, graines entières crues
Omnivore (merle, pigeon)Pâtée insectivore, vers de farine, fruits mûrsPain, lait, aliments salés

Fréquence et quantité des repas selon l’âge

Oisillon nu recevant nourriture du bec d'un soigneur

La fréquence de nourrissage varie énormément selon l’âge de l’oisillon. Un très jeune sans plumes doit être nourri toutes les 20 à 30 minutes, du lever au coucher du soleil, ce qui reproduit le rythme imposé par les parents dans la nature. Plus l’oisillon grandit et plus les repas s’espacent, jusqu’à 4 ou 5 fois par jour à l’approche du sevrage, moment où il commence à picorer seul.

La quantité doit rester modérée à chaque repas : quelques petits morceaux suffisent, l’objectif étant de nourrir souvent plutôt que beaucoup en une fois. Un oisillon qui referme spontanément le bec ou qui détourne la tête a atteint sa limite pour ce repas.

Comment nourrir l’oisillon : méthode pratique

La méthode la plus sûre pour nourrir à la main un oisillon consiste à présenter la nourriture avec une pince souple ou un cure-dent émoussé, en imitant le mouvement du bec des parents pour déclencher le réflexe de gobage. Certains recours à une seringue sans aiguille pour les bouillies liquides fonctionnent aussi, à condition de déposer la nourriture doucement dans le fond du bec, jamais au fond de la gorge.

  1. Vérifier que l’oisillon a bien la tête relevée et le bec entrouvert, signe qu’il réclame.
  2. Présenter un petit morceau de nourriture au bord du bec, sans forcer.
  3. Laisser l’oisillon avaler seul avant de proposer la bouchée suivante.
  4. Arrêter dès qu’il ne réclame plus ou ferme le bec.
L’erreur qui tue plus d’oisillons qu’on ne le croit

Donner du pain trempé dans du lait reste le geste le plus répandu chez les personnes qui veulent bien faire, alors que c’est justement ce mélange qui provoque le plus de diarrhées et de carences chez les oisillons recueillis. Le lait n’est adapté à aucun oiseau, et le pain n’apporte quasiment aucun nutriment utile à leur croissance.

Aliments à éviter absolument

Le pain et le lait arrivent en tête des erreurs classiques, mais d’autres aliments posent problème : le lait de vache que les oiseaux ne digèrent pas, les graines crues et entières pour les tout-petits qui risquent de s’étouffer, les aliments salés ou sucrés, et l’eau donnée directement à la becquée, qui peut passer dans les voies respiratoires et noyer l’oisillon.

Hydratation et signes de bonne santé

Oisillon au nid avec plumage gonflé et yeux alertes

L’hydratation d’un oisillon passe presque toujours par la nourriture elle-même, imbibée légèrement d’eau, plutôt que par un apport direct au bec. Un oisillon en bonne santé produit des fientes régulières, réagit vivement au moindre mouvement à proximité du nid et gagne visiblement en volume de jour en jour. À l’inverse, un oisillon amorphe, qui ne réclame plus ou dont les fientes deviennent liquides, doit être confié rapidement à un centre de sauvegarde de la faune sauvage, seul habilité à assurer un suivi adapté jusqu’au relâcher.

Avant même de penser à recueillir un oisillon tombé du nid, il vaut mieux vérifier s’il est réellement en danger : de nombreux jeunes couverts de plumes, simplement posés au sol près d’un buisson, sont encore surveillés et nourris par leurs parents à distance. Dans ce cas, la meilleure aide reste souvent de ne pas intervenir.

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Article publié par la rédaction de Lemondedesanimaux.

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