Comportement

Comment bien curer les pieds de son cheval en sécurité

Laura Duval
Laura Duval
août 24, 2026 6 min
Maréchal-ferrant tenant le sabot d'un cheval entre ses jambes

Curer les pieds d’un cheval fait partie de ces gestes du quotidien qu’on croit maîtriser, jusqu’au jour où le cheval retire brutalement sa jambe ou où l’on découvre un clou planté dans la fourchette. Ce soin, pourtant simple, demande une vraie technique et un minimum de sécurité pour ne pas se blesser ni stresser l’animal.

Curer un pied consiste à retirer, avec un cure-pied, la terre, les cailloux et la boue accumulés sous le sabot, tout en inspectant la sole et la fourchette. La méthode se résume en quatre temps : se placer correctement à côté du cheval, demander le pied, le tenir fermement sans forcer l’articulation, puis gratter de la pointe vers le talon en observant chaque zone. Ce geste, répété avant et après chaque sortie, évite l’essentiel des problèmes de sabot.

Pourquoi curer les pieds de son cheval ?

Le sabot supporte tout le poids du cheval et encaisse les chocs à chaque pas. Quand de la boue ou des cailloux s’accumulent sous la sole, ils créent une pression localisée qui peut provoquer des boiteries ou des abcès. La fourchette, elle, est particulièrement sensible : mal entretenue, elle devient le terrain idéal d’une infection connue sous le nom de pourriture de fourchette, reconnaissable à son odeur âcre et à sa texture noirâtre et molle.

Curer les pieds fait partie intégrante du pansage, au même titre que brosser le poil ou vérifier l’état de la robe. C’est aussi l’occasion de repérer un clou de ferrure mal enfoncé, une fissure dans la paroi du sabot ou un début d’inflammation avant que cela ne dégénère. La santé du cheval passe largement par cette vigilance quotidienne, souvent négligée au profit du toilettage visible.

Quand curer les pieds de son cheval ?

L’idéal est de curer les pieds avant et après chaque séance de travail, monté ou en longe. Avant de partir, cela évite qu’un caillou logé dans le pied ne blesse le cheval pendant l’effort. Après le retour au box ou au pré, cela empêche la boue humide de macérer toute la nuit contre la sole, ce qui favorise justement les infections.

Pour un cheval au repos, un curage quotidien reste recommandé, surtout en période de pluie ou sur des sols boueux. En hiver notamment, la boue colle et s’incruste plus facilement dans les lacunes du sabot, ces creux situés autour de la fourchette où l’humidité stagne. Un entretien quotidien limite ce risque et permet de suivre l’évolution du pied dans le temps, ce qui aide aussi le maréchal-ferrant à repérer plus vite une anomalie lors de ses visites.

Comment curer les pieds de son cheval en sécurité

Palefrenier positionne lateralement pres sabot cheval

Se placer et demander le pied

Pour les pieds antérieurs, on se positionne face à l’arrière du cheval, légèrement décalé sur le côté, jamais pile devant lui (une posture proche de celle recommandée pour longer un cheval étape par étape). Pour les pieds postérieurs, on reste proche de la hanche, le corps orienté vers l’arrière, en évitant de se placer dans l’axe direct d’une éventuelle ruade. Cette position permet de réagir rapidement si le cheval bouge.

On demande le pied en glissant la main le long du membre, en partant du haut vers le bas, tout en prononçant un ordre vocal cohérent comme « pied ». Une légère pression sur le tendon, juste au-dessus du boulet, incite généralement le cheval à lever la jambe de lui-même. La patience prime ici sur la force : tirer brusquement sur un membre provoque souvent l’effet inverse.

Tenir le pied et utiliser le cure-pied

Une fois le pied levé, on le cale entre ses genoux ou dans sa main, paroi du sabot tournée vers le sol, sans plier excessivement l’articulation du boulet. Tenir le pied correctement signifie garder une prise stable mais souple, jamais rigide, pour pouvoir le relâcher instantanément en cas de mouvement brusque.

Le cure-pied s’utilise toujours de la pointe vers le talon, jamais dans l’autre sens, pour ne pas risquer d’enfoncer un débris dans la fourchette ou la sole. On dégage d’abord les rainures latérales, puis le centre autour de la fourchette, en insistant doucement sur les lacunes où la boue s’accumule le plus. Une brosse dure permet ensuite de retirer les résidus fins et de dégager la sole pour une inspection claire.

Observer le sabot après le curage

Le curage terminé, quelques secondes d’observation suffisent à repérer un souci naissant. Une odeur désagréable, une couleur noirâtre au niveau de la fourchette ou une sole anormalement molle sont des signaux à surveiller. Une fissure qui remonte le long de la paroi, ou un clou visible mal positionné, justifie un appel au maréchal-ferrant sans attendre le rendez-vous suivant.

L’erreur qui abîme la fourchette

Gratter de bas en haut, du talon vers la pointe, force le cure-pied contre la fourchette au lieu de la longer. C’est ainsi qu’on crée de petites plaies invisibles qui deviennent, quelques jours plus tard, une porte d’entrée pour une infection.

Quel matériel utiliser ?

Un cure-pied classique, muni d’une brosse à l’extrémité, suffit dans la majorité des cas. Le modèle avec crochet métallique fin et poils rigides permet de dégager efficacement les lacunes sans abîmer les tissus vivants du sabot. Certains modèles pliables se glissent facilement dans une sacoche de pansage, pratique pour les sorties en extérieur.

Outil Usage principal
Cure-pied simple Retirer terre et cailloux logés sous le sabot
Cure-pied à brosse intégrée Nettoyer et finir en une seule manipulation
Brosse dure séparée Dégager les résidus fins autour de la sole
Balai de box Limiter la boue stagnante avant curage

Entretenir le sol du box ou du paddock avec un balai régulier réduit aussi la quantité de boue qui s’accumule contre les pieds entre deux séances de pansage. Combiné à un curage systématique, ce réflexe simple limite fortement les risques d’infection et facilite le travail du maréchal-ferrant lors de ses visites périodiques.

Partager cet article
4,7/5 (30 votes)

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *