Quand les températures chutent, les guêpes qu’on voyait tourner autour du jardin en septembre disparaissent presque du jour au lendemain. Beaucoup de gens s’imaginent que toute la colonie se met à l’abri en attendant le printemps, mais la réalité est bien différente. Voici ce qui se passe réellement dans le cycle de vie d’une colonie de guêpes une fois le froid installé.
Les guêpes meurent-elles l’hiver ?
La réponse courte est oui, presque toutes meurent. Une colonie de guêpes ne survit jamais dans son intégralité au-delà de l’automne. Seule une petite partie des individus, les jeunes reines fécondées, passe l’hiver pour recréer une colonie au printemps suivant. Tout le reste de la population disparaît avec l’arrivée du froid.
Le sort des ouvrières et des mâles
Les ouvrières, qui ont construit le nid, nourri les larves et défendu la colonie tout l’été, ne sont pas équipées pour affronter des températures basses. Dès que le froid s’installe durablement, généralement en octobre ou novembre selon les régions, elles s’épuisent et meurent en quelques jours. Les mâles, apparus plus tard dans la saison uniquement pour assurer la reproduction, connaissent le même destin. Aucun des deux ne dispose de réserves suffisantes ni de mécanismes physiologiques permettant l’hivernation.
Cette mortalité massive n’a rien d’anormal : c’est le fonctionnement normal du cycle de vie annuel de ces insectes sociaux. Une colonie de guêpes, contrairement à une ruche d’abeilles, ne se transmet jamais d’une année sur l’autre.
La survie de la reine guêpe
Seules les jeunes reines fécondées à l’automne échappent à cette hécatombe. Après l’accouplement avec les mâles, elles quittent le nid d’origine et cherchent un endroit où passer l’hiver en léthargie. Cette hibernation, aussi appelée hivernation, leur permet de ralentir leur métabolisme et de survivre sans se nourrir pendant plusieurs mois.
Le chiffre à retenir
Sur une colonie qui peut compter plusieurs milliers d’individus en été, seules quelques dizaines de reines fécondées survivront réellement jusqu’au printemps. La majorité d’entre elles mourront aussi, victimes du gel, des prédateurs ou du manque d’abri adapté.
Où vont les guêpes en hiver ?
Les reines fécondées recherchent des cavités protégées où la température reste stable et où l’humidité est limitée. On les retrouve fréquemment sous l’écorce des arbres morts, dans des tas de bois, des greniers, des combles, des crevasses de murs ou même dans des amas de feuilles mortes. L’important pour elles est de trouver un abri qui les isole efficacement du froid et du vent.
Certaines s’introduisent dans les habitations, attirées par la chaleur résiduelle des murs ou des charpentes. C’est pour cette raison qu’on peut parfois découvrir une guêpe isolée dans une pièce en plein hiver, alors qu’aucun nid actif n’existe à proximité.
Que devient le nid de guêpes en hiver ?
Une fois les ouvrières mortes et les jeunes reines parties chercher un abri, le nid devient un nid abandonné. Il ne sera plus jamais réutilisé, que ce soit par les mêmes guêpes ou par une autre colonie. Contrairement à une idée répandue, un nid de guêpes est un nid inactif dès la fin de l’automne, et il reste ainsi jusqu’à sa dégradation naturelle.
La structure en papier mâché, fabriquée à partir de bois mastiqué par les ouvrières, se désagrège progressivement sous l’effet de la pluie, du vent et des variations de température. Au printemps, il ne reste souvent qu’une coquille friable, parfois totalement effondrée.
Faut-il enlever un nid de guêpes en hiver ?
Techniquement, un nid vide en hiver ne présente aucun danger. Aucune guêpe n’y vit plus, la colonie a disparu et il n’y a aucun risque de piqûre. Le retirer relève donc davantage d’un choix esthétique ou pratique que d’une nécessité liée à la sécurité.
Certaines personnes préfèrent tout de même le décrocher, notamment quand il se trouve sous un auvent ou près d’une fenêtre, simplement pour éviter qu’il ne se désagrège au mauvais endroit. Dans ce cas, il suffit de le détacher à mains nues ou avec un outil, sans précaution particulière, puisque le nid ne contient plus d’occupants.
La situation change complètement s’il s’agit d’un nid encore actif tardivement, ou d’un nid de frelons de grande taille toujours habité. Dans ce cas de figure, mieux vaut faire appel à un professionnel de la désinsectisation, capable d’évaluer si une intervention reste dangereuse malgré la baisse d’activité.
Guêpe dans la maison en hiver : que faire ?
Trouver une guêpe isolée à l’intérieur en plein hiver n’a rien d’exceptionnel. Il s’agit presque toujours d’une reine réveillée prématurément par le chauffage, qui cherchait un abri dans les murs ou les combles avant l’arrivée du froid. Cette guêpe, seule et sans colonie derrière elle, n’est absolument pas menaçante.
La meilleure solution reste de l’attraper avec un verre et une feuille de papier pour la relâcher à l’extérieur, ou simplement de la laisser sortir par une fenêtre ouverte. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter d’une infestation : une guêpe isolée ne signifie jamais qu’un nouveau nid se forme dans la maison en cette saison.
Le vrai risque apparaîtra seulement au printemps, quand cette même reine, si elle a survécu, choisira un emplacement pour fonder une nouvelle colonie. C’est à ce moment-là, et pas avant, que la surveillance et l’action deviennent pertinentes.